Embargo 22/09, 05:00 - Quand les cyberattaques menacent le monde réel, Agoria plaide pour une cybersécurité globale dans l’industrie

Nouvelle étude : seules 40% des entreprises technologiques disposent d’une cybersécurité à 360°

L’industrie technologique belge prend davantage la cybersécurité au sérieux. Cependant, si les systèmes informatiques (IT) bénéficient généralement d’une protection accrue, les technologies opérationnelles (OT), qui regroupent les équipements industriels numériques intégrés aux lignes de production, restent trop exposées aux cyberattaques alors même que leur connectivité ne cesse de croître. « Les attaques contre les systèmes physiques sont de plus en plus fréquentes. Les criminels ciblent par exemple le réseau électrique, les chemins de fer, mais aussi les hôpitaux et les installations industrielles. Il ne s’agit donc pas seulement de cybersécurité, mais aussi de vies humaines », explique Eric Van Cangh, expert en cybersécurité chez Agoria et co-auteur de la nouvelle étude de la fédération technologique.

Face à ce constat, Agoria a voulu évaluer le niveau de maturité en cybersécurité du secteur industriel belge, cinq ans après sa première étude. Elle a interrogé un échantillon de 82 entreprises belges opérant dans l’industrie technologique. Il en ressort que le facteur le plus déterminant pour évaluer ce niveau de maturité réside dans la connaissance même des entreprises de leur environnement OT. La réalisation d’un inventaire complet de l’équipement industriel numérique est donc un facteur essentiel pour garantir une protection efficace, indépendamment de la taille ou du budget de l’entreprise. Cette étape nécessaire fournit aux entreprises technologiques une vision globale des besoins de cybersécurité dans leurs chaînes de production. Mais seules 40 % des industries interrogées disposent d'un inventaire exhaustif et actualisé de leurs actifs OT. ​ ​

« La cybersécurité des environnements OT ne peut pas reposer sur des suppositions. Elle doit être intégrée dès la conception et s’appuyer sur une gouvernance claire. Les mêmes exigences de sécurité qui s’appliquent à l’IT doivent désormais s’étendre aux systèmes OT », plaide Jasper Hooft, Head of Organisational Security chez Toreon, société de conseil spécialisée en cybersécurité.

Un autre point essentiel réside dans la mise en place d’une politique de cybersécurité couvrant à la fois les environnements IT et OT. Or, de 2021 à 2026, le taux d’entreprises disposant d’une telle protection a à peine augmenté, passant de 34 à 40 %.

« Aujourd’hui, les systèmes opérationnels et les systèmes informatiques sont de plus en plus interconnectés. Les protéger efficacement exige donc une approche globale, capable de répondre à des défis qui ne peuvent plus être traités séparément », observe Grégorio Matias, CEO & Cybersecurity Consultant chez MCG. ​

Autre constat préoccupant : l’étude révèle, en effet, que 38 % des entreprises interrogées se disent confiantes dans leur capacité à détecter une attaque contre leur environnement OT en l’espace de quelques heures. Mais 48 % d’entre elles ne semblent disposer d’aucun mécanisme de surveillance technique ou d’alerte susceptible de signaler un tel incident. ​

Des progrès notables, mais la route est encore longue

Toutefois, des progrès significatifs ont également été réalisés. Agoria souligne par exemple qu’en 2026, 91 % des entreprises prennent en compte la cybersécurité lors de la sélection d’équipements industriels, contre 60 % en 2021. De plus, en 2026, 49 % des industries sondées réalisent des analyses de vulnérabilités, contre 34 % en 2021. ​

Mais les nouvelles réglementations européennes en matière de cybersécurité entraînent une grande confusion parmi les entreprises. Bon nombre d’entre elles ne savent pas si elles sont soumises à la directive NIS2, qui impose des mesures de gestion des risques ainsi que des obligations de signalement des incidents afin de renforcer le niveau de cybersécurité. Dans son étude, Agoria montre que 4 entreprises interrogées sur 10 (43 %) pensent y être soumises alors qu’elles ne relèvent vraisemblablement pas directement du champ d’application de NIS2. A contrario, parmi celles qui sont probablement concernées par la directive, 3 sur 10 (28 %) d’entre elles déclarent ne pas y être soumises ou ne pas savoir si elles le sont.

« Les résultats de cette étude montrent clairement que la maturité cyber des environnements opérationnels progresse. C’est une évolution encourageante, car ces infrastructures jouent un rôle essentiel dans notre industrie et dans notre vie quotidienne. Aujourd’hui, un niveau minimal de ‘cyberhygiène’ n’est plus une simple option, mais une nécessité absolue. Une trop grande proportion d’entreprises demeure encore insuffisamment protégée contre les attaques visant leurs équipements de production. Pourtant, celles-ci peuvent ralentir, voire interrompre complètement, la production pendant plusieurs semaines ou même plusieurs mois. Il est donc essentiel d’adopter une approche intégrée en la matière, d’autant plus que le nombre de cyberattaques continue d’augmenter chaque année », conclut Eric Van Cangh, senior Business Group Leader Cybersecurity chez Agoria et co-auteur de l’étude.

Découvrez beaucoup plus de conclusions dans l'étude complète

Etude Agoria Cybersécurité dans l'industrie technologique 2026.pdf

PDF 6.4 MB

Contact

Carole Tassin - Attachée de presse
carole.tassin@agoria.be ​
0499346322

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