Année record pour la technologie belge : les entreprises en croissance lèvent 1,43 milliard d'euros

Le secteur technologique belge a connu une belle année d'investissements en 2024, avec un montant record de 1,43 milliard d'euros. C'est ce qui ressort d'une analyse réalisée par Agoria. Ce montant représente presque le double des 738 millions d'euros levés en 2023 et dépasse même le précédent record de 2022 (1,41 milliard d'euros).

Moins d'opérations, des montants plus élevés

Une première tendance est la baisse du nombre d'opérations d'investissement à 125, contre 155 en 2023 et 191 en 2022. Cette baisse est toutefois compensée par une augmentation de la taille moyenne par opération. « Cela indique un écosystème technologique plus mature en Belgique », selon Frederik Tibau, auteur de l'analyse et Expert Digital Innovation & Growth chez Agoria. « Nous observons une augmentation des tours de table pour les entreprises technologiques plus grandes et plus matures. Le nombre de scale-up à forte croissance et solides augmente. »

L'énergie, les cleantech et l'IA en tête

 

Une autre tendance claire est la forte position des secteurs de l'énergie et des cleantech, ainsi que l'émergence de l'intelligence artificielle (IA) en tant que catégorie d'investissement importante. Près de la moitié de tous les investissements technologiques en 2024 sont allés à des entreprises ayant une forte composante d'IA, telles que Robovision et Techwolf. Un nouveau venu est la catégorie « hospitality tech », où la scale-up gantoise de logiciels hôteliers Lighthouse a levé 350 millions en un seul tour de table, représentant immédiatement la totalité du montant dans sa catégorie.

Gand, capitale de la tech belge

Gand peut se considérer comme la capitale belge incontestée de la technologie en 2024, avec un total de 520 millions d'euros d'investissements dans 26 entreprises technologiques (à l'exclusion de la biotechnologie)*. Ce succès est en partie dû à l'impressionnant tour de table de Lighthouse.

Au niveau régional, Bruxelles (150 millions) et la Wallonie (190) sont à la traîne par rapport à la Flandre (1,06 milliard) en matière d'investissements technologiques. Outre son économie manifestement plus importante, la Flandre bénéficie également de programmes gouvernementaux ciblés, de réseaux d'investissement privés plus solides et d'une tendance croissante des entrepreneurs technologiques à boucler la boucle et à investir à leur tour dans des entreprises.

Reprise rapide après une année difficile

 

L'écosystème technologique belge s'est rétabli plus rapidement que beaucoup d'autres centres européens après une année 2023 difficile - en termes de levées de fonds, en tout cas. L'arrivée de nouveaux réseaux de business angels, de fonds de capital-risque et le retour d'entrepreneurs expérimentés en tant qu'investisseurs renforcent un « écosystème dynamique et de plus en plus robuste prêt à poursuivre sa croissance », selon Frederik Tibau.

Un fossé se creuse entre les entreprises technologiques à croissance rapide et celles à croissance plus lente, qui se manifeste lorsqu'on passe du « capital d'amorçage » à des tours de table plus importants. Les investisseurs exigent de plus en plus un demi-million d'euros de chiffre d'affaires annuel récurrent pour ce que l'on appelle un « seed round », c'est-à-dire un premier tour d'investissement formel au cours duquel une entreprise lève des fonds pour financer sa croissance initiale », explique Tibau. « Les investisseurs en capital-risque se concentrent sur les dossiers les plus solides, ce qui rend le financement plus difficile pour les autres entreprises.

« Moins de règles, une rémunération flexible et le réveil d'un capital européen endormi »

« Mais pour renforcer la compétitivité de la Belgique sur le marché mondial, une approche stratégique plus unifiée est nécessaire », note-t-il. « En outre, le secteur technologique souffre également de la complexité de la réglementation. Et les possibilités de stock-options ont également besoin d'une solide mise à jour. Il s'agit d'un secteur extrêmement compétitif où la flexibilité de la rémunération est indispensable. »
« Enfin, les frontières devraient également être abolies entre les pays européens en termes de capitaux. Il existe une énorme quantité de capitaux « dormants », qui ne sont souvent pas dirigés vers les bons endroits, et qui pourraient être réveillés et utilisés à bon escient grâce à un marché des capitaux plus uniforme pour les entreprises ayant un bon potentiel de croissance. Un grand nombre d'entreprises technologiques belges l'ont encore prouvé cette année ».

Pour en savoir plus : lisez le rapport complet ici (anglais)

Analysis of Belgian Tech Fundraising in 2024 - Agoria.pdf

PDF 1.0 MB

Sarah Godard

Communication Manager, Agoria

*L’absence dans cette analyse des investissements dans la biotechnologie s'explique par la nature et la réglementation spécifiques de ce secteur.

 

 

 

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