Des emplois restent à pourvoir dans l’industrie automobile

La moitié des 500 postes à pourvoir restent vacants après six mois

Les fonctions technologiques demeurent un point critique sur notre marché du travail, selon une enquête réalisée par Agoria. À la veille de l’ouverture du Salon de l’Auto en janvier de cette année, la fédération technologique annonçait que 500 emplois à temps plein étaient à pourvoir dans l’industrie automobile. À l’été, il s’avère que seule la moitié d’entre eux ont été pourvus. « Il s’agit d’un problème structurel », déclare Marc Lambotte, CEO d’Agoria. Normalement, dans notre économie, les emplois vacants sont pourvus après un mois pour les fonctions d’ouvrier et trois mois pour les fonctions de management. « Pour les postes technologiques, des opérateurs aux ingénieurs, ce délai est deux fois plus long, et peut même atteindre jusqu’à un an. Un certain nombre d’emplois vacants ne sont jamais pourvus », explique M. Lambotte, qui espère que la popularité accrue des études technologiques ces dernières années inversera la tendance. Il le faut, car l’industrie automobile recherche entre-temps de nouveaux collaborateurs.

À l’ouverture du Salon de l’Auto, une trentaine d’entreprises de l’industrie automobile avaient annoncé avoir 481 postes à pourvoir dans notre pays. Il s’agissait aussi bien d’emplois dans de grandes entreprises de production et des départements R&D que de fonctions chez des sous-traitants et équipementiers. Les entreprises recherchent différents profils, du soudeur à l’ingénieur. Les techniciens de maintenance et d’installation et les spécialistes de l’automatisation, souvent liée à l’optimisation des processus de production, sont très demandés.

Six mois plus tard, l’on constate que les fonctions administratives ont été rapidement remplies, mais que ces entreprises ont énormément de difficultés à pourvoir des postes techniques. Prenons l’exemple de Punch Powertrain, un fabricant de boîtes de vitesses automatiques de Saint-Trond. Il proposait pas moins de cent cinquante postes vacants en janvier, mais seuls 80 ont été pourvus à ce jour. Depuis, l’entreprise en pleine croissance cherche à nouveau 100 collaborateurs supplémentaires. AW Europe, qui fabrique également des boîtes de vitesses automatiques à Braine-l'Alleud dans le Brabant wallon, recherche actuellement encore 17 nouveaux collaborateurs.

La difficulté à trouver rapidement des profils techniques est un phénomène qui touche à la fois les grandes et les petites entreprises. Certes, des constructeurs automobiles comme Volvo Cars et Audi Brussels y sont confrontés, mais des PME recherchent également constamment du personnel qualifié. En deux ans, Tremec, une entreprise en croissance rapide située à Zedelgem en Flandre occidentale, a doublé ses effectifs, passant de 65 à 130 collaborateurs. Elle propose  elle aussi en permanence une quinzaine d’offres d’emploi. Tremec a récemment déménagé dans un nouveau bâtiment et développe la transmission dite à double embrayage pour des voitures de sport. La Belgique est toujours un pays renommé dans le secteur automobile. En témoigne le portefeuille de clients de Tremec : des constructeurs emblématiques de voitures de sport italiennes, allemandes et britanniques font appel à l’entreprise. Celle-ci cherche activement des ingénieurs en développement et des acheteurs afin de poursuivre sa forte croissance.

« Pouvoir contribuer au développement de voitures de sport haut de gamme n’est certainement pas banal. À nouveau, cela montre bien à quel point une fonction technologique peut être passionnante. » Mais les entreprises à la recherche de personnel technique indiquent que le nombre de candidats qualifiés demeure insuffisant. « Il s’agit aussi bien de détenteur d’un diplôme de l’enseignement secondaire que de diplômés des hautes écoles et universités », déclare M. Lambotte.

L’on perçoit cependant les signes d’un revirement. Ces dernières années, de nombreuses initiatives ont été prises par les entreprises et les pouvoirs publics afin de promouvoir les formations technologiques. Et elles portent leurs fruits. « Dans l’enseignement supérieur francophone comme néerlandophone, nous constatons une augmentation des inscriptions pour les études d’ingénieur mais également, par exemple, dans le domaine des TIC. Dans l’enseignement secondaire, les filières STEM et formules de formation en alternance font l’objet d’une attention accrue. C’est important car, au-delà de l’industrie automobile, la technologie est un incontournable dans le monde professionnel », conclut M. Lambotte.

Les personnes intéressées par une fonction dans l’industrie automobile peuvent soumettre leur candidature sur le site web www.beautomotive.be (initiative d’Agoria).

 

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