Droits de douane américains : 1 500 emplois et 70 millions d’euros envolés ​ ​

Les entreprises se tournent désormais davantage vers les exportations au sein de l'UE

Bruxelles, le 2 avril 2026 - Il y a exactement un an, le président américain Trump annonçait son «Liberation Day », instaurant des droits de douane élevés sur les marchandises entrant aux États-Unis. Une nouvelle étude menée par la fédération technologique Agoria auprès de ses membres dresse aujourd’hui le bilan de l’impact sur le secteur technologique belge : celui-ci a perdu 1 500 emplois et 70 millions d’euros d’investissements.

L'effet le plus direct des droits de douane de Donald Trump a été la baisse des exportations de produits technologiques en 2025. Notre pays a exporté 7 % de produits technologiques en moins vers les États-Unis. Le secteur technologique, qui réalise pas moins de la moitié de son chiffre d’affaires à l’exportation (84 milliards), est doublement touché par les droits de douane. D’une part par les droits généraux, d’autre part par les droits supplémentaires sur le cuivre, l’acier et l’aluminium. Ceux-ci pouvant atteindre 50 %.

Mais l'incertitude générale provoquée par la guerre commerciale pèse également lourdement. Les entreprises technologiques voient les investissements se tarir dans d'autres secteurs européens et belges auxquels elles fourniraient normalement leurs produits. Cette incertitude les touche donc doublement : directement et par l'intermédiaire de leurs clients.

De plus, l'incertitude provoquée par les mesures pèse encore plus lourd que les droits de douane eux-mêmes : 67% des quelque 200 entreprises interrogées ont revu leurs plans de recrutement à la baisse et 41% reportent des investissements d'avenir.

« Nos entreprises technologiques ont payé la guerre commerciale au prix fort : 1 500 emplois perdus et 70 millions d’euros d’investissements reportés. L’incertitude freine fortement notre croissance. Deux tiers des entreprises technologiques vont moins recruter et quatre sur dix reportent leurs investissements d’avenir. Elles osent prendre encore moins de risques et tirent clairement le frein à main. », réagit Bart Steukers, CEO d’Agoria.

Les entreprises recherchent massivement de nouveaux débouchés

Pourtant, ce n’est pas le désespoir qui domine. Les entreprises réajustent leur stratégie : 25 % prévoient de réduire leurs exportations vers les États-Unis l’année prochaine en raison des droits de douane. Mais face à ce repli, on observe également une offensive : 66 % s’emploient activement à diversifier leurs activités. La préférence va massivement aux exportations au sein de l’Union européenne. C’était déjà le cas l’année dernière : alors que les exportations vers les États-Unis ont baissé de 7 % l’année dernière, celles vers les pays de l’UE ont augmenté de 2,5 %. Les trois quarts (73 %) des entreprises interrogées souhaitent encore accroître ces exportations vers l’Europe au cours de l’année à venir.


Vers quelles destinations les entreprises technologiques souhaitent-elles davantage exporter en 2026 ?

Les accords commerciaux avec le Canada et le Mercosur ont permis à ces destinations d'exportation de figurer dans le top 5. « Nous devons conclure ces accords, ainsi que ceux avec l'Australie, le Mexique et d'autres pays, le plus rapidement possible », déclare Bart Steukers, CEO d'Agoria. « Mais un grand marché intérieur européen qui fonctionne bien est la protection la plus puissante que nous puissions offrir à nos entreprises. La fragmentation réglementaire au sein de l’UE constitue aujourd’hui un frein au commerce encore plus important que les droits de douane de Trump eux-mêmes. »

La fragmentation réglementaire au sein de l’UE constitue aujourd’hui un frein au commerce, encore plus important que les droits de douane de Trump – Bart Steukers, CEO d’Agoria.

Potentiel européen sous-exploité

Ce potentiel européen restera inexploité tant que les entreprises seront confrontées à un cocktail complexe de règles nationales et d’obligations administratives. Agoria appelle donc les institutions européennes et les autorités belges à prendre des mesures concrètes. La fédération technologique cite à cet égard trois mesures prioritaires :

  1. Ratifier et mettre en œuvre dès que possible les accords commerciaux annoncés.
  2. Veiller à une réglementation plus uniforme au sein de l’UE. Sur le papier, le marché intérieur forme un tout, mais dans la pratique, les entreprises technologiques se heurtent à un patchwork d’interprétations nationales. Cela vaut notamment pour la législation numérique telle que le RGPD (protection des données) et la directive NIS-2 (cybersécurité), pour le transport et le traitement des matières premières critiques et des métaux recyclés, ainsi que pour le marché de l'énergie où les taxes, les régimes d'aide et les procédures d'autorisation varient considérablement d'un pays à l'autre.
  3. Ouvrir des portes pour les entreprises grâce à des missions économiques vers les destinations qu'elles jugent les plus intéressantes.

Agoria - Résultats étude impact US-EU tarifs douaniers.pdf

PDF 1.5 MB

A propos de l'enquête

Cette enquête a été réalisée par Agoria auprès de 194 entreprises technologiques belges du 9 au 17 mars 2026.

Contact

Sarah Godard

Communication Manager, Agoria

 

 

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