L’industrie de la défense belge affiche une croissance de 6%, mais reste pour l'instant en retrait par rapport au rythme européen
L'industrie belge de défense représentait en 2025 plus de 5.000 emplois et un chiffre d'affaires de 2,12 milliards d'euros, répartis sur près de quatre-vingts entreprises. Leur chiffre d'affaires a progressé de 6% au cours de l'année écoulée. C'est supérieur à l'ensemble de l'industrie technologique, qui a connu une croissance de 2,5%, mais nettement inférieur au rythme de croissance européen. C'est ce que révèle une analyse du service d'études de la fédération technologique Agoria.

Le secteur belge de la défense a progressé de 6% aussi bien en 2024 qu'en 2025. C'est plus de deux fois plus rapide que l'industrie technologique belge (2,5%). Mais c'est aussi environ deux fois moins rapide que l'ensemble du secteur européen de la défense. Celui-ci a en effet enregistré une croissance de 13,8% en 2024. Pour 2025, la croissance est estimée à 10,5%.

La principale explication de cette différence de rythme réside dans le fait que les pays disposant de grands producteurs ayant livré directement aux forces armées ukrainiennes, comme l'Allemagne et la Suède, ont connu une hausse particulièrement forte de leur chiffre d'affaires.
La croissance de l'emploi dans le secteur s'est établie à 1% en 2025. C'est une progression modeste, mais la croissance du chiffre d'affaires se traduit toujours par un certain décalage dans la création d'emplois. Des signaux positifs sont néanmoins déjà perceptibles : les dernières données de l'ONSS indiquent une croissance plus soutenue de 7% dans les entreprises produisant des systèmes d'armes et des munitions, et de 4% dans l'industrie aéronautique belge.
Un intérêt croissant pour le marché de la défense
Parallèlement, la fédération technologique a observé en 2025 une forte augmentation du nombre d'entreprises intéressées par les produits et services de défense. À l'été 2025, elles étaient 200. Mais les webinaires et événements organisés par Agoria par la suite ont révélé un intérêt bien plus grand: plus de 500 entreprises technologiques belges souhaitent se positionner sur le marché de la défense en pleine croissance.
"Les entreprises technologiques belges manifestent clairement leur intérêt pour le marché de la défense. Elles sont souvent très performantes dans leurs niches spécifiques. Rater la dynamique de croissance européenne serait une occasion manquée énorme.", réagit Frédéric Givron, General Manager d'Agoria-BSDI (Belgian Security & Defense Industry). "Nous devons donc, et nous le voulons, passer à la vitesse supérieure." Pour rejoindre le peloton européen et mieux intégrer les entreprises belges dans les chaînes de valeur internationales, la fédération technologique formule les recommandations politiques suivantes:
1. Acheter et vendre belge autant que possible
- Intégrer dans les conditions des marchés publics un pourcentage minimum de valeur ajoutée créée en Belgique (emplois, recherche, production, maintenance, ...).
- Mener systématiquement des négociations dites ‘gov2gov’ lorsque la Belgique achète auprès d'entreprises étrangères, comme le font d'autres pays : qui vend à la Belgique, achète aussi à la Belgique.
- Positionner internationalement les solides écosystèmes technologiques de défense belges.
2. Accélérer les procédures
- Raccourcir les délais dans les procédures de passation de marchés et rendre les programmes de recherche plus rapidement concrets pour les entreprises.
- Miser sur des procédures efficaces. Supprimer les étapes intermédiaires superflues et regrouper les cycles consultatifs et les concertations, sans porter atteinte aux processus démocratiques.
3. Garantir un cadre politique stable
- Maintenir un niveau élevé d'investissements dans l'innovation.
- Mener une politique cohérente à tous les niveaux et dans tous les domaines politiques. Soutenir partout au maximum les ambitions en matière d'industrie de défense, qu'il s'agisse des permis, du soutien à l'innovation ou de la politique du marché du travail.
- Veiller à disposer d'un cadre stable et prévisible en matière de licences d'exportation, aligné sur les pays européens. Les entreprises de défense pourront ainsi attirer des investissements importants. Agoria se réjouit que la Flandre et la Wallonie prennent actuellement les mesures législatives nécessaires en ce sens.
Chaque nouvel emploi dans les entreprises de défense génère un emploi supplémentaire ailleurs." - Bart Steukers, CEO d'Agoria.
"La sécurité est le fondement de notre prospérité. Mais l'inverse est également vrai : une industrie de défense solide est elle-même un moteur de prospérité. Elle crée des emplois de qualité, attire des investissements et ancre le savoir-faire technologique sur notre sol. Chaque nouvel emploi dans les entreprises de défense génère en outre un emploi supplémentaire ailleurs dans notre économie.", conclut Bart Steukers, CEO d'Agoria.
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Jan Gatz