La zone de basses émissions d'Anvers remporte les e-Gov Awards

Vendredi 8 décembre 2017 — L’agence Informatie Vlaanderen a remporté la quatorzième édition des Agoria e-Gov Awards. Cette annonce a été faite hier soir lors d’une soirée de gala au Palais des Colonies à Tervuren. Le projet de zone à faibles émissions est une solution conviviale qui recourt à des technologies innovantes et s’appuie sur une collaboration étroite entre les services publics fédéraux, flamands et locaux. Agoria, la fédération de l’industrie technologique, récompense par ce concours notamment les autorités publiques qui améliorent les services à la population et aux entreprises grâce à des projets numériques. Agoria décerne également des prix pour la convivialité, la rentabilité, l’innovation, la collaboration et les données ouvertes. Ceux-ci ont été décernés respectivement à mycareer.be (ONSS), aux chèques-entreprises, à une formation en ligne sur la législation anti-discrimination (Unia), à la cartographie pour les incendies en milieu naturel (Institut Géographique National) et la Zonnekaart (Agence flamande de l’Énergie).

Contrairement à de très nombreuses initiatives similaires à l’étranger, pour lesquelles il faut acheter des autocollants et les coller sur le pare-brise, on a opté ici pour une technologie moderne. Cette technologie repose sur un système de reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation. Grâce à l’enregistrement et la perception entièrement automatisés des amendes, les objectifs sont atteints, avec une charge administrative minimale pour les citoyens. Ce projet a vu le jour grâce à une collaboration étroite entre les pouvoirs fédéral, flamand et local. Les partenaires sont la ville d’Anvers, l’agence Informatie Vlaanderen (avec notamment la plateforme de partage de données Magda et le Département Environnement), le SPF Économie (avec la Banque-Carrefour des Entreprises), le SPF Intérieur (avec le Registre national) et le SPF Mobilité et Transport (avec sa base de données fédérale de véhicules immatriculés). Le projet a en outre bénéficié de la collaboration de nombreux partenaires privés.

Le système a été conçu de sorte à ce que les villes puissent l’adapter facilement à leur propre politique locale.  Le projet est par ailleurs facile à réutiliser par d’autres villes flamandes et le savoir-faire peut être partagé avec d’autres villes ou régions en Europe. Enfin, le projet produit également une grande quantité de données statistiques qui peuvent être utilisées pour la gestion et l’évaluation de l’environnement et donc apporter une contribution importante au bien-être et à la santé de la population.

Les budgets TIC fédéraux en hausse

Malgré les économies, des projets d’e-gouvernement sont développés à tous les niveaux de pouvoir dans notre pays. Bien que les 36 projets de cette quatorzième édition, juste le même nombre que l’année dernière, ne dépasse pas les 56 projets de l’année record de 2014, on note quand même une progression par rapport à 2015 (34 projets), 2013 (30 projets) et 2012 (26 projets).

Selon Marc Lambotte, CEO d’Agoria, il est important de voir que dans un contexte où les budgets publics pour des projets e-Gov sont sous pression déjà depuis quelques années, nous observons quand même une légère progression des budgets depuis 2016. Selon les premières analyses d’Agoria pour 2018, le budget TIC pour les services publics fédéraux et les services publics de programmation (SPF et SPP) s’élèverait à 450 millions d’euros, ce qui représente une augmentation de près de 5 pour cent par rapport au niveau de 2017. « Nous espérons que cette augmentation se traduira par davantage d’investissements dans de nouveaux projets d’e-government innovants qui réduiront au final les coûts de notre appareil public, » souligne Lambotte.

Tendances : informatique en nuage, big data et données géographiques

« Nous constatons de nouveau cette année que de nouvelles tendances et technologies ont été intégrées dans de nombreux projets introduits. Ces dernières années, Agoria a appelé à maintes reprises les pouvoirs publics à exploiter les possibilités offertes par l’informatique en nuage, le big data et les données géographiques et se réjouit dès lors de constater des progrès à ce niveau dans les dossiers introduits. L’élément géo revient clairement dans de très nombreux projets soumis. Une attention toujours plus importante est également accordée au mobile (first). Nous constatons en outre que de nouveaux concepts comme la chaîne de blocs (blockchain) font pour la première fois leur apparition dans les dossiers soumis », commente Lambotte.

Les coûts-avantages pas toujours calculés

« Nous ne cessons pourtant de le répéter, mais comme chaque année, il s’avère difficile pour de nombreux projets d’avoir une analyse coûts-avantages digne de ce nom. Le retour sur investissement est parfois calculé que partiellement voire pas du tout. En mettant l’accent sur le retour sur investissement, les entreprises peuvent contribuer à rendre l’appareil public moins coûteux. Nous constatons à cet égard toujours un champ de tension entre, d’une part, des pouvoirs publics qui souhaitent faire des économies et d’autre part, le défi consistant à développer des services à (haute) valeur ajoutée, » note le CEO.

Enfin, Agoria espère que dans les années à venir, outre des projets axés sur le mobile, le cloud ou les données géographiques, de nouvelles applications seront également développées à partir des chaînes de blocs, de l’internet des choses ou de l’intelligence artificielle et qu’au sein des pouvoirs publics, le « digital by default » sera de plus en plus l’option privilégiée.

Mycareer.be : prix de la convivialité

L’Office National de la Sécurité Sociale (ONSS), en collaboration avec Sigedis (données individuelles sociales) et les Institutions publiques de sécurité sociale (IPSS), a reçu le prix de la convivialité pour son site internet www.mycareer.be. Tout citoyen a le droit de connaître quelles informations les autorités possèdent à son sujet et de les rectifier si nécessaire. Avec mycareer.be, les Institutions publiques de sécurité sociale appliquent ce principe de manière radicale, grâce à un self-service en ligne.

Dans un aperçu chronologique, les citoyens trouvent désormais des informations personnelles sur leur vie professionnelle en Belgique, provenant de toute une série de base de données tenues par différentes Institutions publiques de sécurité sociale. Il s’agit d’informations factuelles, sans interprétation juridique, qui sont faciles à comprendre par chacun. Quiconque trouve des données erronées ou incomplètes peut le signaler simplement en pressant sur un bouton virtuel.

Les administrations concernées disposent d’une propre variante de l’application, grâce à laquelle elles peuvent, à la demande du citoyen, consulter, compléter ou corriger des données. Grâce aux informations dans mycareer.be, le citoyen peut vérifier en toute autonomie son historique professionnel, établir un CV détaillé ou démontrer son expérience professionnelle.

Chèques-entreprises : prix de la rentabilité

« L’aide aux entreprises passe en 5G ! ». Ce concept résume en quelques mots l’objectif même du projet « chèques-entreprises » : rendre l’accès aux aides financières pour les entreprises plus lisible, simple et rapide.   Il vise à rassembler, au sein d’un seul dispositif numérisé activé via www.chequesentreprises.be, les aides à la formation, au conseil et au coaching, dédiés aux entreprises et aux entrepreneurs wallons.  Ces dernières suivent le cycle de vie d’une entreprise et couvrent ses besoins dans 5 domaines : la création d’entreprise, l’innovation, le développement numérique, l’internationalisation et la transmission d’entreprise.

Les partenaires de ce projet sont la Direction générale opérationnelle de l’Économie, de l’Emploi et de la Recherche (DGO6), l’Agence wallonne à l’Exportation et aux Investissements étrangers (AWEX), l’Agence du Numérique (AdN), e-Wallonie Bruxelles Simplification (eWBS).

Formation en ligne sur la législation anti-discrimination : prix de l’innovation

La formation en ligne sur la législation anti-discrimination a remporté le prix de l’innovation. Comment démarrer une politique de la diversité ? En quoi consiste-t-elle et où trouver des exemples de textes ?  Et comment appréhender les humeurs « spéciales » au sein de votre équipe ? C’est à ces questions et à bien d’autres encore que eDiv apporte une réponse. Unia, le Centre interfédéral pour l’égalité des chances, a développé un cours spécifiquement destiné aux entreprises pour répondre à la demande croissante d’informations sur la diversité et la législation anti-discrimination.  Il en résulte une formation en ligne gratuite avec des situations et exercices concrets.

eDiv vise des situations dans l’environnement de travail et s’adresse donc aux responsables RH, chefs d’équipe, conseillers en prévention, personnes de confiance et représentants des travailleurs. eDiv compte des milliers d’utilisateurs et est reconnu par les autorités comme site de référence. Le module Handicap ajoute une plus-value innovante au projet eDiv, étant donné qu’il s’agit d’une première sur le plan technique.  Il s’agit du premier système d’e-apprentissage qui est accessible numériquement aux personnes souffrant d’un handicap et qui est complètement traduit dans la langue des signes.

Cartographie pour les incendies en milieu naturel : prix de la collaboration

L’Institut géographique national (IGN) a remporté le prix de la collaboration grâce à une cartographie pour les incendies en milieu naturel.

Les grands incendies naturels qui se sont produits récemment ont démontré la nécessité de disposer de cartes opérationnelles claires pour les différents services de secours. C’est la raison pour laquelle l’Institut Géographique National (IGN) a pris l’initiative de développer une application « Cartographie pour les incendies en milieu naturel »  en collaboration avec les services de secours, ASTRID (l’opérateur du réseau des services de secours et de sécurité belges), l’Intérieur, les agences de Nature et Forêt et la Défense. 

Zonnekaart Vlaanderen : prix des données ouvertes

Le prix des données ouvertes a été décerné à Zonnekaart de l’Agence flamande de l’Énergie. Pour la réalisation de la Zonnekaart, il a été fait usage des données du Digitaal Hoogtemodel Vlaanderen (DHMV II).  Des données ouvertes ont également été utilisées pour les adresses, les photos aériennes et la carte de base.   En combinant le tout avec des informations détaillées de l’IRM, on peut déterminer les parties de toit qui sont très ensoleillées ainsi que les zones d’ombre (causées par exemple par des cheminées, d’autres bâtiments ou des arbres). Cette carte apporte ainsi une réponse à des questions comme  « Mon toit convient-il à l’installation de panneaux solaires ou photovoltaïques ?  Combien coûte l’installation ?  En combien de temps l’installation s’amortit-elle ? Combien d’émissions de CO2 permet-elle d’éviter ? » Cette carte ne s’adresse pas uniquement aux citoyens, mais également aux pouvoirs publics, entreprises et organisations.